Etirez-moi la prunelle des yeux pour que je vois aussi loin que je veux...

Là où le geste heurte la pensée, des mots parmi les plus simples s'immiscent en nos vies.

29 octobre 2007

Bjork au Baron - Concert improvisé


"Bjork au Baron Bjork s'empare du micro pour une reprise improvisée de "No Limit", du fameux groupe des années 90 "2 unlimited" Bjork est accompagnée au piano par Mattias Mimoun"


Juste parce que cette vidéo m'a remis le sourire ce soir...^^

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28 octobre 2007

Kimiko Yoshida

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Suite de la série des albums photos avec cette fois-ci une artiste contemporaine japonaise, Kimiko Yoshida. Née en 1965 à Tokyo, elle vit et travaille en France depuis 1995. Son oeuvre tourne principalement autour d'autoportraits basés sur l'eclectisme des civilisations du monde entier. En voici donc quelques uns, je vous conseille d'aller faire un tour sur son site officiel où vous trouverez de nombreuses perles.

"J'ai fui le Japon parce que j'étais morte. Je me suis réfugiée en France pour échapper à ce deuil. Quand j'avais trois ans, ma mère m'a mise à la porte. J'ai quitté la maison en emportant une boîte avec tous mes trésors. Je me suis réfugiée dans un jardin public. La police m'a retrouvée là, le lendemain. Depuis, je me suis toujours sentie nomade, vagabonde, fugitive."

Site officiel

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25 octobre 2007

Travaux

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Premier album photo de ce blog:

Celui de Jan Saudek, photographe Tchèque né en 1935 et profondément marqué par son internement dans un camp de concentration avec son frère jumeau Karel lors de la Seconde guerre Mondiale.
L'image est souvent forte, provoquante et sexuelle, si bien que ses clichés lui ont valu la suspicion de l'état Tchèque jusqu'en 1983, date à laquelle l'artiste fut reconnu. Il reçut en France la décoration de Chevalier des Arts et des Lettres.

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24 octobre 2007

Eden

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photo: Pierre et Gilles

C'est sur la pointe des pieds que je pénétrai ce soir dans ce parc . Sur la pointe que je m'avançai doucement, effleurant au passage l'herbe humide, écrasée sous le poids d'un corps de passage. Et dans le froid douloureux d'un jour décalé, on pouvait apercevoir au loin les branches d'un grand saule, effacées à leurs pointes par la brume. À son pied déraciné, affaibli dans la terre poudreuse, gisait un papier, déchiré à sa fin...

Je pus lire à voix douce:


"Crue fut la lumière de la lune en ce soir de Novembre. Scintillantes les étoiles dans le ciel noir. Le néant prêt à m'accueillir se dilate tout entier, en son centre il me semble voir la percée blanche, éblouissante et brillante, ainsi que les contes de mon enfance m'en dessinaient les contours. Autour de moi flotte le parfum d'une femme, sainte au coeur disparu il y a bien des années, que je m'en vais rejoindre par ce trou distendu. Si vous lisez ces mots, voyez mes membres flotter à leur tour, alentour n'entendez plus un murmure puisque tout s'est tu ce soir, puisque rien ne vit que la légère danse des brins d'herbe qui se courbent sous le poids de l'être approchant. Rendez-moi l'hommage que l'on réserve aux Dieux, rien qu'un instant, que je puisse pleurer à l'écho de vos voix qui se meurent de chagrin, être l'unique parmi des milliers. Gardez un rayon de chaleur tout au bord du soleil de votre vie, que j'y songe parfois, m'y couchant sereinement comme un corps s'allonge pour veiller. C'est en pas de danse saccadés que j'expirerai ce soir le dernier souffle, les yeux blancs de douleur à la vue de votre corps à l'approche, le remord bouffant sur l'extrêmité de mon âme. Mais c'est serein que je tirerai la corde ouvrant la porte, pour dernier voyage l'ascenceur de la vie, j'y verrai défiler les images d'un passé qui n'est plus, passé d'ombres et souvenirs crucifiés.Déjà les branches du grand saule s'écartent ainsi que mon corps qui décolle.
J'entrevois..."


Les lignes dansent et le papier vole, je ne remarque même plus tomber la pluie. L'arbre toujours déraciné semble me sourire, mes pieds collés au sol, chancèlent, aspirés par le noyau de cette terre, ferme.

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barbara - pierre




Combien de fois ai-je pu pleurer sur cette chanson...
Rien à dire de particulier si ce n'est que cette femme est extraordinaire...

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barbara - drouot



Les choses nous parlent si nous savons entendre.


 

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Citation

franlange2

"[...]  Parfois je trouvais commode de me souvenir de Lui. Surtout quand j'avais perdu des choses de valeur. Après avoir claqué toutes les portes derrière moi, essouflée par mes recherches, tout à coup je m'arrêtais net au milieu de la pièce et je fermais les yeux. "Mon Dieu, aide-moi à retrouver mon chapeau rouge à galons bleus." En général, ça marchait. Cela m'a suffi jusqu'au jour où je me suis dit: si Dieu aime tous ses enfants avec cette équité, pourquoi s'occuperait-il de mon chapeau rouge à galons, alors qu'il permet que d'autres perdent leur père et leur mère à jamais? J'ai compris qu'en réalité Dieu n'avait rien à voir avec la mort des hommes, ni avec des chapeaux, ni avec rien. Les choses arrivaient, qu'IL le veuille ou non. Et Lui, au ciel, Il faisait semblant de ne rien voir. Je me suis dit; Pourquoi Dieu est-Il une présence si inutile? Au fond, on perdait son temps avec Lui! J'étais plutôt fière à l'idée d'avoir découvert toute seule la vérité. Personne ne m'avait mise sur les rails... Ce qui me déconcertait c'est la cécité des autres. Dieu n'était plus! Pourquoi ne le voyaient-ils pas? Cela me déconcerte toujours..."

dixit Frances Farmer

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Extrait.

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"Peut-être bien que là-bas...dés que cette pensée fut née dans son coeur, elle s'y cramponna comme à un bâton, et le courage lui vint de continuer l'ascension. Peut-être bien que là-bas l'attendait sa destinée: le maître et elle, se libérant de toute entrave, seraient définitivement unis, et ces liens conserveraient une absolue pureté. Cet espoir, pas une seule fois durant ces dix années elle ne l'avait conçu, même au plus secret de son âme. Mais il lui semblait bien pourtant avoir rêvé parfois qu'au travers du respect qu'elle portait au maître, un amour extraordinaire et divin avait élu sa demeure au pied de montagnes lointaines, à l'ombre de vieux cryptomères. Et cet amour, il ne fallait pas qu'il fût l'amour en usage dans le monde, l'amour ordinaire qui attache un homme à une femme. Il ne devait pas non plus être de ceux, vulgaires entre tous, dans lesquels on se fait l'un et l'autre l'étalage d'une beauté extérieure. Le professeur et elle, devenus deux piliers transparents de lumière, se rencontreraient quelque part d'où l'on pourrait mépriser tous les hommes vivant sur cette terre. Et ce lieu se découvrirait sans doute au bout de ces marches de pierre qu'elle était en train de gravir, à bout de souffle."

Pélerinage aux Trois Montagnes
de Yukio Mishima

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23 octobre 2007

Le grand zéro, ce combat.

lonliness
Du grand Zér0 repartir.
N'est pas pour moi.
À tous ceux qui prévoient de laisser poussière derrière eux,
dés l'instant où ces mots seront lus.
Leur répondrais-je
Qu'ils ne font qu'avancer leur humble destinée.
Courir après ce qu'on sera
Pour fuir ce que l'on fut autrefois,
il n'est d'autre combat si vain,
que marcher dans le froid
pour fuir sa gelure.

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Colère et tristesse

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Qu'on ne contrôle rien et que l'autre nous déchire.
Quels mots, quels gestes, quel émoi? Puisque l'autre se déguise
Puisque tout dégouline et flotte pourtant sur la surface rugueuse.
Puisqu'à la fleur de la peau ne demeure plus qu'un frisson de colère.
L'ultime colère, l'étranglement, ce qui nous achève
et ne nous rend plus fort.
Que doit-on dire ou écrire lorsque déjà le souvenir se fait
bleu, plaie, veine?
Que l'illusion nous grandisse et que l'on pousse naïvement.
Entre les brumes du matin et le froid du soir,
La silhouette qui se fait ombre, tâche sur la vie.
Aux angles pointus.
Relier d'un bout à l'autre les lacets déchirés,
la partition jaunie.
La vulve offerte est soumission douloureuse,
et ma colère se fait Montagne.

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