Etirez-moi la prunelle des yeux pour que je vois aussi loin que je veux...

Là où le geste heurte la pensée, des mots parmi les plus simples s'immiscent en nos vies.

24 septembre 2008

combat dérisoire

Se repasser en boucle, jusqu'à en être totalement lessivé. D'images mordorées en contines désuettes. Se repasser ce rêve à jamais scellé, celui d'un Hiver au chaud contre un corps, celui d'une vie dont on ne comprend plus bien le sens. Puisque tout disparaît pour réapparaître totalement inconnu. Après un an, j'avais tenté de laisser de côté les restes d'une relation assommée. Voilà qu'il m'a fallu la croiser de nouveau, cette fille aux cent visages. Et voilà, que reste-til, qu'ai-je éprouver sinon ce sentiment d'indifférence aussi large qu'un vaste vide au milieu de nul part? Nulle boule au ventre, rien à tordre, rien à hurler ni pleurer. Tous ces fantasmes, tous ces rêves, tous ces cauchemars, que voulaient-ils dire alors? Ne m'apparaissaient-ils que pour effacer les traces, dans l'attente d'un dernier Rendez-vous malgré nous? Puisque tu lis peut-être ces lignes que j'avais délaissées, je voudrais te demander pourquoi. Pourquoi t'ai-je attendu si longtemps pour qu'au final tu ne daignes même pas m'accorder un regard? Avais-tu trop honte d'avoir disparu si brutalement? Voilà, je me trompe sûrement, mais c'est tout simplement ce que tu me laisses à penser désormais. Quelle image, quelle parodie de ce "nous" qui jonche désormais dans un fossé auprès duquel je ne prendrai plus le risque de me pencher. Qu'as tu gagné pendant tout ce temps? Qu'as tu appris? Ta vie est-elle plus simple, plus belle, moins torturée? Ta mine était pourtant si grise, tes yeux inchangés, toujours ce crayon noir, toujours cette écharpe autour de ton cou, cette même veste marron. Et ce regard que tu n'as pas voulu tourner vers moi, comme si tout en toi contredisait un élan qui aurait pourtant été naturel, celui d'oser regarder, sans peine ni haine, quelqu'un d'autrefois, quelqu'un dont le visage devait pourtant t'être familier. Pourquoi tant de fierté? Pourquoi prétendais-tu m'avoir si bien connu quand tu disais que je ne savais rien de toi? Toutes ces questions qui resteront sans réponse, sans aucun doute, sans aucun remord. Tu dois savoir désormais que chacun change, mais que nous resterons désormais et pour toujours l'un pour l'autre ce que nous avons été un moment donné, un moment figé. Nous ne saurons certainement plus ce que l'autre obtient, ce que l'autre convoite, ce que l'autre perd. Voilà un an que tu te mures dans ce silence, un an que tu effaces toute trace de toi, mais sache également qu'aucun être humain ne détient assez d'importance pour prétendre à l'oubli absolu. Aussi paradoxal soit-il. Nous ne sommes pas que d'air et d'eau. Nous aurions pu clore le "nous" de façon plus élégante, de façon plus humaine, moins internetisée, mais c'est toi qui l'a voulu ainsi. Désormais et pour toujours je t'offre ce bonnet d'âne que tu as voulu me donner, après tout, de quoi méritais-je d'être puni? Ai-je commis l'ultime crime, t'ai-je traîné dans la boue jusqu'à l'os, t'ai-je menti, t'ai-je trompé? Après un an de doutes, d'espoirs et d'illusions, je crois être enfin bien capable de laisser l'image de toi qui traîne en moi vaquer loin, très loin. Si ton but était d'anéantir mon intérêt pour ta souffrance et ta vie, alors tu as gagné ton combat dérisoire.

Posté par thomi à 15:07 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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